MYTHES GRECS ET ROMAINS

 

MYTHOLOGIE ANCIENNE : Gê, la Terre

 

 

Les mythes apportent une réponse aux questions essentielles que se posent les sociétés humaines; et parmi ces questions, celle qui expliquerait leur existence : d'où venons-nous ? où allons-nous ? Qu'est-ce que la mort ? Les mythes de la Grèce archaïque apportent leur réponse : pour l'ancienne mythologie, la vie est un cycle, où tout se passe sur ou dans la Terre.

Cette première forme de représentations mythiques correspond à la Grèce qui est antérieure à la Grèce des Cités c'est-à-dire avant le 5e siècle avant J.-C. La Terre, Gê ou Gaïa y est la grande Déesse-Mère, la source de la fécondité de tous les êtres : des humains aux végétaux. Cette première organisation des mythes n'a que deux niveaux : le haut - la surface de la terre et le bas - ses profondeurs. Les êtres y sont présents sous forme de morts ou de vivants.
Le Ciel n'intervient pas, ce qui la différencie essentiellement de la mythologie classique, où règne Zeus, le dieu du ciel lumineux.

De très nombreuses cérémonies rituelles de la Grèce classique apparaissent comme des survivances de cette représentation de la Terre comme source de toute fécondité : c'est le cas en particulier des Thesmophories, fêtes grecques du mariage à l'époque classique, qui sont consacrées à Déméter et à Korè, sa fille; en leur honneur, les épouses grecques de l'époque classique se réunissaient pour célébrer des mystères dont le rituel se pratiquait dans un megarom, grotte naturelle, ou dans une caverne ou une crypte artificielle creusée dans la Terre pour symboliser l'entrée dans la monde d'en-dessous, le monde d'en-bas, le royaume de Gê, la Terre.

Au cours des trois jours consacrées à ces cérémonies, les femmes jetaient dans ces megara des objets symbolisant les organes sexuels : serpents et couronnes. Présentés dans une corbeille portée en procession, ces objets étaient faits d'épis de blé, ou de gâteaux puis jetés dans un creux supposé communiquer avec les enfers, associant ainsi sexualité et nourriture. Ainsi étaient célébrés simultanément l'acte sexuel qui assure la perpétuation de l'humanité et les récoltes dont accouchera la Terre. Dans le sein de la Terre-Mère, mystérieusement se préparent les germes des enfants et des moissons futures.

Qu'ils soient artificiels ou naturels, ces mégaroms évoquaient symboliquement la fécondation, au fond des enfers, de Koré, la fille de Déméter par Hadès. L'histoire mythique de l'enlèvement de Koré par Hadès est supposé avoir eu lieu en Sicile, près d'un temple consacré à Demeter : ce temple était entouré de lacs, de prairies fleuries; il s'y trouvait une caverne, d'où le Dieu des Enfers sortit, enleva Koré et replongea en l'emmenant avec lui. Ces noces infernales ont une valeur exemplaire : la Terre féconde est le lieu où les germes s'unissent et croissent comme dans une matrice.


Dans la Grèce archaïque, la mort était une descente dans le sein de la Terre-Mère d'où les morts remontaient régénérés, en renaissant - pour les hommes, dans leur petit fils; - pour les femmes, dans leur petite fille; ainsi, de réincarnation en réincarnation, le cycle de la vie continuait. Le nombre de vies étant stable, dès que la terre avait repris le germe vital du mort, ce germe se régénérait et sortait de Terre pour animer une nouvelle vie : ainsi, pour l'ancienne mythologie, les Grecs étaient autochtones, enfants chtoniens, enfants de la Terre.

 

 

 

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