Baruch SPINOZA 1632-1677

 

 


 

THEME : DANS UNE LIBRE REPUBLIQUE CHACUN A TOUTE LATITUDE DE PENSER ET DE S'EXPRIMER


S'il était aussi facile de commander aux âmes qu'aux langues, il n'y aurait aucun souverain qui ne régnât en sécurité et il n'y aurait pas de gouvernement violent, car les sujets orienteraient leur vie selon le bon plaisir des détenteurs du pouvoir et nul ne porterait jamais de jugement sur le vrai ou le faux, sur le bien ou le mal, le juste ou l'injuste que conformément aux volontés des gouvernants. Mais cela ne peut être ; il ne peut se faire que l'âme d'un homme appartienne entièrement à un autre ; personne en effet ne peut transférer à un autre, ni être contraint d'abandonner son droit naturel ou sa faculté de faire de sa raison un libre usage et de juger de toutes choses. Un gouvernement est donc tenu pour violent quand il prétend dominer les âmes et une puissance souveraine paraît agir injustement contre ses sujets et usurper leur droit, quand elle veut prescrire à chacun ce qu'il doit admettre comme vrai ou rejeter comme faux, ainsi que les croyances dont devra s'inspirer leur vénération de Dieu, car cela est du droit propre à chacun, un droit dont personne, le voulût-il, ne peut se dessaisir.

Extrait : SPINOZA - Traité théologico-politique chap 20 (1670)

 

 

 

 

POLITIQUE : LOI, LIBERTE ET CONTRAT SOCIAL
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