Le TRAVAIL

 

INTRODUCTION

 

 

 

Dans les sociétés dites "primitives" le travail n'est pas une partie sacrifiée de la vie : la pêche, la chasse, la cueillette, sont vécues comme les sont les autres activités ; la parure, la danse, la vie familiale... La notion de "travail" - activité pénible et humiliante - n'existe pas.

Dans nos sociétés, bien souvent, le travail a un caractère obligatoire : pour beaucoup de salariés, la vraie vie commence après la travail, quand ils ont enfin du temps libre.

Le mot "travail" conserve encore dans son nom le souvenir du temps où le mot désignait un supplice réservé aux esclaves : le tripalium. L'Eglise interdit encore d'effectuer le dimanche des "oeuvres serviles", définies comme celles où le corps a plus de place que l'esprit.

Le mot "labeur" est un doublet du mot "labour", travail pénible réservé aux serfs : un noble dérogeait s'il travaillait...

 

 

Dans la Genèse, le travail (et la mort) sont présentés comme la punition du péché originel : punition infligée par Dieu à Adam et Eve,coupables d'avoir mangé du fruit défendu et à leurs descendants..

 

A la sueur de ton visage
Tu gagneras ta pauvre vie.
Après long travail & usage (le fait de s'user au travail)
Voicy la Mort q
ui te convie

 

 

Maudite en ton labeur la terre
En labeur ta vie useras
Jusques que la Mort te souterre
Toi poudre (poussière) en poudre retourneras

Pourtant Hegel affirme que tout être humain a besoin, pour prendre conscience de lui-même - de modifier ce qui l'entoure. C'est pourquoi l'oeuvre d'art est pour lui une des plus hautes formes d'activité humaines, puisqu'aucune contrainte nl'empêche l'artiste de traduire dans son oeuvre ce qu'il est. Même dans un travail productif laissant à l'artisan une possibilité de manifester ce qu'il est dans une action créatrice, il est possible de traduire à l'extérieur ce que l'on est... cette activité peut alors être source de joie.

Dans le travail artisanal, les 3 moments du travail productif : la conception de l'objet, sa réalisation, la possession de l'objet produit ne sont pas dissociées. Dans le travail salarié, dès les premières manufactures, le travailleur salarié ne possède plus les instruments nécessaires : il n'imagine plus l'objet qu'il va produire, il ne le réalise que de façon fragmentaire, c'est le "travail en miettes", et l'objet produit ne lui appartient pas : il appartient désormais à celui qui possède les instruments de production....

 

Non seulement la nature du travail a changé lorsque les sociétés traditionnelles sont devenues des sociétés technologiques, mais les rapports sociaux ont changé : l'organisation traditionnelle des communautés villageoises a été détruite par la révolution française en instaurant un droit de propriété absolu et l'exode rural qui en a résulté a livré à l'industrie naissante une main d'oeuvre nombreuse, misérable, sans défense. Même les très jeunes enfants durent travailler : "l'aristocratie manufacturière est l'une des plus dure que la terre ait portée" constate Tocqueville.
Le travail, qui devait éloigner "de nous trois grands maux, l'ennui, le vice, et le besoin", a accru la misère, les souffrances de la plus grande partie de la nation : ne faudrait-il pas plaider pour le "droit à la paresse" ?

 

Mais est-ce le travail qui est responsable de ces vies gâchées ? de ces paysages dévastés ? N'est-ce pas plutôt l'absurdité d'un système économique qui exige le bénéfice maximal ? Toute la vie économique est mise au service de la satisfaction non des besoins de tous, mais des seuls besoins solvables : et ce système, de par sa propre logique, étant ses ravages sur la planète entière..

L'espoir des Lumières de transformer le monde subsiste, mais désormais s'accompagne de la volonté de transformer aussi la société et un système économique dont le fonctionnement aveugle échappe à tout contrôle.

 

 

 

POLITIQUE : LE TRAVAIL
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