L'ETAT : vers un dépérissement, une puissance accrue, un pouvoir contrôlé ?

 

 

 

 

 

 

La misère ouvrière au XIXe siècle est atroce : les paysans - ruinés par la suppression de l'organisation traditionnelle des communautés villageoises, viennent s'entasser dans les villes, où ils fournissent à l'industrie naissante la main d'oeuvre indispensable.

Devant une telle misère, que peut la charité ? Seul un état puissant pourrait s'opposer à l'exploitation éhontée des faibles, seul il pourrait être la puissance bienveillante et protectrice des pauvres et des opprimés.

Hegel voyait en l'Etat l'institution la plus apte à lutter contre la misère : capable de donner à tous les pauvres plus que ne le pourrait la charité des riches. Il voyait aussi en lui l'aboutissement de la Raison dans l'histoire, institution où la « volonté subjective et l'Universel s'unissent. »

Mais l'Etat ne risque-t-il de constituer une menace pour l'individu écrasé par cette puissance énorme, tutélaire et dominatrice ?

La puissance de l'Etat et des contraintes invisibles de la société de consommation atteignent l'individu si radicalement qu'elles annihilent en lui jusqu'au désir d'un changement. La puissance grandissante des moyens par lesquels il est facile de manipuler l'opinion (presse, TV) peut rendre illusoire la liberté de penser.

De telle sorte qu'apparaît inéluctable la nécessité de ne jamais se fier à un état tout-puissant pour établir une société plus juste. Il ne faut jamais renoncer à l'exercice des libertés individuelles : un bon tyran, c'est le pire, parce qu'il conduit à l'infantilisation de la nation, séduite et qui s'en remettrait à la sagesse du Souverain. Il n'y a ni Etat Providence, ni homme providentiel, sans risque pour la liberté politique.

Il sera jamais possible de concilier de façon définitive pouvoir et liberté. Il faudra toujours contrôler ceux auxquels le pouvoir a été confié.

 

 

 

 

POLITIQUE : L'ETAT
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