GROUPEMENTS DE TEXTES

 

 

 


TRANSMETTRE LE SAVOIR

 

 


LIVRES et/ou EXPERIENCE

 

 

L'éducation des jeunes nobles et des jeunes gens destinés au clergé était au Moyen âge bien différente : aux uns , la vie active, les armes; aux autres, les livres...
Le jeune noble était élevé loin de sa famille : page chez une famille alliée, souvent filleul de l'épouse du Seigneur, il était élevé par elle et apprenait ce qu'il devait savoir au contact de gens d'expérience. Sans livres, il apprenait, surtout dans la France du sud, où l'influence des civilisations méditerranéenne était restée vivante, à apprécier les récits, les poèmes, la danse, la musique : conversations, fêtes où les troubadours récitaient les exploits des chevaliers de jadis : la vie remplaçait les livres.


Les futurs membres du clergé, les futurs juristes, les jeunes gens de la bourgeoisie urbaine fréquentaient l'université, où les manuscrits, puis, grâce à l'invention de l'imprimerie les livres jouaient un rôle fondamental dans la transmission du savoir. Jean Boucher se réjouit de l'invention de cet art, qui agit pour une plus grande égalité des chances.
 

Contenu du savoir et modalités de sa transmission différenciait l'éducation reçue par les enfants de la noblesse et par ceux de la bourgeoisie urbaine.
Une vaste appétit de connaissances caractérise la Renaissance : la lettre de Gargantua à Pantagruel montre que la noblesse elle même veut avoir accès à la haute culture...

Les 3 premier textes étudiés concernent l'éducation de jeunes nobles... désormais, même pour ceux qui jusqu'alors s'en étaient fort bien passé, les livres interviennent dans la transmission du savoir.

Expérience est un terme complexe, qui désigne, soit un événement ayant affecté celui qui l'a vécu : vivre une expérience (enrichissante, traumatisante...) soit les modalités d'acquisition d'une connaissance : savoir par expérience, soit le résultat de ce qui a été vécu ou appris : être quelqu'un d'expérience. Dans tous ces emplois se trouvent l'idée d'avoir été affecté personnellement, en vivant un événement ou en pratiquant une activité.
Les connaissances acquises par les livres, au contraire, n'impliquent pas cet engagement personnel : ils relatent les expériences vécues par d'autres : c'est l'expérience acquise par d'autres qui est transmise par les livres...
Les livres, qui transmettent l'expérience des générations d'autrefois et d'ailleurs, peuvent-ils dans la formation d'un adolescent replacer l'expérience personnelle, qu'elle soit donnée par la vie, ou acquise par la pratique, au contact de gens d'expérience...

Ces débats sur l'éducation montrent que, au XVIe siècle, de grands changements sont à l'oeuvre dans la société française : la société française se transforme et va, peu à peu; devenir une société technologique.
Le recours aux livres, c'est la possibilité d'échapper aux modalités de transmission du savoir qui, dans les sociétés traditionnelles se fait presqu'exclusivement dans un cadre familial, et par là, rendre possible le passage d'une société à caste où prédominent les statuts liés à la naissance, à une société de classes, où, par l'étude, et par le mérite personnel, existe une possibilité, si limitée soit-elle, de s'élever dans la société.

C'est toute la société instruite qui, au XVIe siècle, s'interroge sur le système éducatif : quelle place relative accorder, dans l'éducation nouvelle que l'on cherche à concevoir, aux livres et/ou à l'expérience ?

Cette interrogation sera reprise au XVIIIe siècle, par Jean-Jacques Rousseau.

 

REFERENCES DES TEXTES

 

Rabelais

Gargantua Ch. XXI et XXII 1534

 
Montaigne Extrait des Essais 1580  
Rousseau Extrait de l'Emile 1762 (épreuve anticipée SUJET 1 1996)  
  Freinet C'est en forgeant qu'on devient forgeron  
  Alain  
     

 

LIVRES et/ou EXPERIENCE
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