EL DESDICHADO

 

 

 

TEXTE de l'EDITION ORIGINALE DES FILLES DU FEU (1854)

 

 

EL DESDICHADO

 

Je suis le Ténébreux, - le Veuf,- l'Inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Syrène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

LES CHIMERES 1854

 

VARIANTES ET NOTES

Dans l'édition des Filles du Feu , parue en 1854, les nouvelles étaient suivies de douze sonnets présentés sous le titre : Les Chimères. Parmi ces douze sonnets, neuf étaient déjà parus dans les revues : Le Mousquetaire et L'Artiste et trois étaient inédits :
Horus
Artemis
Antéros

Le texte reproduit ici est celui de l'édition originale des Filles du Feu de 1854. Nous avons rétabli les majuscules qui figurent sur le manuscrit Eluard.

El Desdichado est placé en tête des poèmes groupés sous le titre de Chimères et publiés à la suite des nouvelles constituant Les Filles du Feu.

 


TEXTE du MANUSCRIT LOMBARD (novembre 1853)

 

 

EL DESDICHADO

 

Je suis le Ténébreux, - le Veuf,- l'Inconsolé :
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie
Ma seule Etoile est morte : et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancholie.

Dans la nuit du Tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La Fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la Treille où le pampre à la vigne s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine,
J'ai dormi dans la Grotte où verdit la syrène

Et j'ai deux fois, vivant, traversé l'Acheron
Modulant et chantant sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

 

VARIANTES ET NOTES

Ce manuscrit, appelé manuscrit Lombard, a été envoyé à Alexandre Dumas. Nerval l'a recopié à l'encre rouge avec corrections en noir, à la fin de la lettre datée du 14 novembre 1853. Nerval était alors interné chez le docteu221r Blanche.

Relativement à l'édition des Filles du Feu, voici les différences les plus importantes :
· Vers 2 : pas de majuscule à tour
· Vers 3 : pas d'italique à Etoile
· Vers 4 : pas d'italique à Soleil noir et graphie : Mélancholie
· Vers 7 : Fleur au lieu de fleur
· Vers 8 : Et la Treille où le pampre à la vigne
s'allie
· Vers 11 : J'ai dormi dans la Grotte où verdit la syrène
· Vers 12 : Et j'ai deux fois, vivant, traversé l'Achéron
· Vers 13 : Modulant et chantant sur la lyre d'Orphée

 

TEXTE du MOUSQUETAIRE (10 décembre 1853)

 

 

EL DESDICHADO

 

Je suis le ténébreux, - le veuf,- l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie ;
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la vigne s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Byron ?
Mon front est rouge encor des baisers de la Reine;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la Syrène...

Et j'ai deux fois vivant traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la fée.

LES CHIMERES 1854

 

VARIANTES ET NOTES

Les principales modifications apportées au manuscrit par le texte publié dans le Mousquetaire concernent surtout majuscules et ponctuation :
· Vers 1 : pas de majuscule à ténébreux, veuf, inconsolé
· Vers 3 : étoile (pas en italique et pas de majuscule)
· Vers 4 : Soleil et mélancolie (pas en italique) minuscule à l'initiale de mélancolie
· Vers 5 : pas de majuscule à tombeau
· Vers 7 : fleur (pas d'italique et pas de majuscule)
· Vers 8 : pas de majuscule
· Vers 9 : Biron : orthographié Byron
· Vers 10 : des baisers dela Reine
· Vers 11 : pas de majuscule à Grotte
· Vers 14 : pas de majuscule à fée

 

TEXTE du Manuscrit ELUARD

 

 

LE DESTIN

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancholie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Syrène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

 

LES CHIMERES 1854

 

VARIANTES ET NOTES

Le texte des Filles du Feu est identique au manuscrit en ce qui concerne la ponctuation, mais les majuscules du manuscrit n'ont pas été reproduites par le typographe : nous les avons rétablies.
Certains mots sont soulignés, pour indiquer au typographe de mettre en italique.

Le sonnet est intitulé : " Le Destin "
Les notes marginales sont très importantes :

vers 1 près de veuf : Olim : "Mausole", mot raturé et remplacé par le Prince Mort.

vers 3 au-dessus de morte le signe de la Terre :

vers 7 près du mot "fleur" : l'Ancolie

vers 8 : à la fin du vers 3 : Jardins du Vatican

vers 10 : près du mot "Reine" : Reine Candace ? qui remplace deux mots barrés : "Belan Mendir".

vers 14 : après le mot "Fée" : Mélusine ou Manto.

 

METHODES : COURS & EXERCICES

Réseaux lexicaux

 

OBSERVER - Objectif I : les réseaux lexicaux. Vers Préalable